mémoire cathare (4ème partie)

Publié le par Prince Occitan

De 1216 à 1218

 Reprise des hostilités,

à la mort de Simon de Montfort

 

Mais que cela soit Raymond VI ou son fils, l’un réfugié en Aragon, l’autre marquis de Provence, aucun des deux n’acceptent le sort que leur a réservé l’Eglise et les croisés.

Et dès 1216, Raymond VI décida de revenir sur ses terres, alors que Simon de Montfort était en Provence, à surveillait Raymond VII dit : Raymond le jeune.

En effet, à la fin du mois de mai 1216, Raymond VII soutenus par une armée d’Avignonnais et de Tarasconnais, se rend à Beaucaire où les habitants, enthousiastes, lui ouvrent les portes. Lambert de Limoux tente de s’opposer aux troupes du jeune comte de Toulouse, mais la supériorité numérique de celui-ci aidé par les habitants de Beaucaire l’oblige à se replier dans le château où il se retranche et s’y retrouve assiégé. Cependant il a le temps d’envoyer des messages à Simon de Montfort, qui se trouve en Ile de France et à son frère Guy de Montfort, qui lui est à Toulouse. Dès qu’il est prévenu, Guy bat le rappel des troupes et marche sur Beaucaire. Il arrive à Nîmes le 3 juin. En chemin, il apprend que Bellegarde, à quelques kilomètres au sud de Beaucaire, a ouvert ses portes aux troupes de Raymond VII. Simon de Montfort quant à lui arrive sur les lieux le 5.

Raymond VII de Toulouse ne disposant pas suffisamment d’effectif pour engager la bataille en rase campagne, se retranche dans la ville, dont il avait organisé la défense et le ravitaillement avant l’arrivée des Montfort.

Simon de Montfort le sait et se prépare à un siège qui promet d’être long. Le château est isolé, et les vivres et l’eau risquent de manquer. La ville, elle, est arrosée par le Rhône et continue d’être ravitaillée. Montfort pour ravitailler son armée, doit faire escorter les convois, car la région n’est pas sûre et les provençaux les attaquent périodiquement. Cela diminue d’autant plus ses effectifs pour le siège. Montfort tente de prendre d’assaut la ville à trois reprises, mais à chaque fois celui-ci est repoussé. Alors que les troupes de Raymond VII sont pleins d’entrain et de courage, la lassitude et le découragement gagnent l’armée de Simon de Montfort. De plus, pendant le mois d’août, Lambert de Limoux fait savoir à Simon que les vivres et l’eau commencent à manquer, et qu’il va devoir capituler. Des messagers venant du Languedoc lui apprennent que le Toulousain s’agite et que le Comte Raymond VI marche sur Toulouse à la tête d’une armée.

Les barons de Montfort lui conseillent alors la modération et de mettre fin au siège, afin de régler la situation du comté de Toulouse. Pendant qu’il se résigne à négocier avec le jeune Comte de Toulouse la levée du siège en échange de la vie sauve pour la garnison de Lambert de Limoux, Simon de Montfort envoie une avant-garde à Toulouse qui est capturée par les Toulousains, puis y conduit son armée à marche forcée[ ]et devance l’armée de Raymond VI.

château de Beaucaire

Le siège de Beaucaire est un grave échec pour Simon de Montfort qui réduit à néant sa réputation d’invincibilité. D’autre part, il avait également mis en évidence la lassitude de ses barons et de ses soldats après sept ans de guérilla permanente.

Les Toulousains, sont dans une position difficile, car capturer le détachement de l’avant-garde de leur Comte, est un signe de rébellion ouverte. De ce fait ils envoient une délégation, que Montfort capture immédiatement. En fureur Simon de Montfort parle d’imposer une lourde amende à la ville ou de la mettre à sac. Foulques de Marseille, évêque de Toulouse et ami de Montfort se pose en médiateur et apaise sa colère. Pendant que l’évêque Foulques parlemente avec la population, l’armée de Montfort pénètre dans la ville et met le feu au quartier juif, pour désorganiser ses opposants, mais la ville se couvre immédiatement de barricades et Simon doit se replier dans le Château Narbonnais.

Les notables toulousains savent que sans le soutien de l’armée, il leur est impossible de résister à l’armée française. Aussi décident-ils de négocier la reddition de la ville. Quand les soldats français capturés sont libérés par les Toulousains, Simon de Montfort jette le masque et exerce une forte répression dans la ville : occupation des points stratégiques de la ville, arrestations brutales, déportation des notables, et rançon de trente mille marcs d’argent. Le résultat de ces exactions est de transformer l’animosité des Toulousains envers Montfort en haine.

Au mois de novembre 1216, Simon de Montfort quitte la ville et va marier son fils Guy à Pétronille de Comminges, Comtesse de Bigorre. Puis il revient à Toulouse pour les fêtes de Noël 1216 et institue un nouvel impôt pour financer son armée.

Au début de 1217, il part combattre Raymond-Roger, Comte de Foix, et reprend quelques châteaux pris par des chevaliers faydits dans les Corbières. En juin 1217, il part en Provence déloger Raymond VII qui tient le marquisat de Provence. Il prend la ville de Crest à Aymar II de Poitiers, Comte de Valentinois et le soumet, enlevant ainsi à Raymond VII son principal allié. Quand il reçoit un message de son épouse Alix de Montmorency, restée au Château Narbonnais de Toulouse, qui lui apprend que Toulouse s'est de nouveau révoltée et qu'elle a ouvert ses portes à l'armée de Raymond VI.

En effet, le Comte Raymond VI, que Simon de Montfort pensait être en Provence, était en fait en Aragon. Et dès le départ de Montfort pour la Provence, Raymond rassemble une armée et des chevaliers faydits puis se dirige vers Toulouse. Rejoints par les comtes de Foix et de Comminges, il met en déroute une petite troupe commandée par Joris, un Languedocien fidèle de Montfort. Le 12 septembre, il parvient à proximité de Toulouse et envoie des messagers à des alliés vivant en ville. Le 13, il avance en évitant les garnisons laissées par Montfort et entre dans Toulouse sous les acclamations de la foule. Alix de Montmorency, restée au Château-Narbonnais, ne peut empêcher l’entrée de l’armée, mais envoie des messagers à Simon et à son frère Guy de Montfort. Pendant ce temps, les Toulousains se dépêchent de remettre la ville en état de défense, et de reconstruire les fortifications démantelées sur ordres de Simon de Montfort.

La mort de Simon de Montfort, par A. DE NEUVILLE,

gravure issue de l'ouvrage Histoire de France, par Guizot.

Guy de Montfort arrive sur place le 22 septembre, accompagné d’Alain de Roucy, d’Hugues de Lacy, de Guy de Lévis et de Foucault de Berzy. Voyant que la muraille à proximité de la porte de Montoulieu est encore en ruines, il y tente un assaut, mais il est repoussé par le Comte de Foix. Début octobre, Simon de Montfort arrive à son tour devant la ville et organise un assaut, mais probablement prévenu par un espion, le Comte de Comminges repousse l’assaut et parviens à blesser son gendre. Après l’échec de ce second assaut, Simon de Montfort doit se résigner à un siège qui promet de durer longtemps.

Le lendemain, il investit le faubourg Saint-Cyprien, situé sur l’autre rive de la Garonne qui permet le ravitaillement de Toulouse. Mais ce même jour, Toulouse reçoit des renforts sous la forme de contingents catalans et aragonais. Simon de Montfort, lui, ne reçoit que quelques renforts languedociens, et les Toulousains reprennent le faubourg. De part et d’autre se construisent des pierrières et des mangonneaux. L’hiver se passe avec un seul assaut, infructueux. Toulouse est une ville trop grande et trop bien défendue pour être pris d’assaut. Et les effectifs français sont bien trop faibles pour en assurer un blocus efficace.

Le 15 avril 1218 jour de Pâques, les Toulousains tentent une sortie qui se termine en bataille sanglante, sans faire évoluer la situation. Au début du mois de mai, des contingents de croisés, conduits par Michel de Harnes, un seigneur d’Artois, et Gautier de Langton, un seigneur anglais, viennent rejoindre Simon de Montfort. Il en profite pour tenter de reprendre le faubourg Saint-Cyprien, mais les Toulousains avaient prévu l’attaque et dressé des barricades dans le faubourg. Fin mai, un orage éclate et des pluies diluviennes tombent, faisant grossir la Garonne qui déborde et inonde le faubourg Saint-Cyprien, le débarrassant de ses barricades et emportant les ponts. Simon de Montfort peut enfin occuper le faubourg et empêcher le ravitaillement de la ville. Le 2 juin, Montfort tente d’attirer les troupes toulousaines à l’extérieur de la ville, mais Raymond-Roger de Foix réussit à sauver la situation. Les croisés reçoivent un nouveau contingent mené par le Comte de Soisson, tandis que Raymond VII entre dans la ville avec ses troupes.

Simon ordonne la construction d’une tour en bois pour prendre la ville, les Toulousains font alors une sortie le 25 juin pour la détruire. Une fois de plus la mêlée est sanglante. Au cours des combats, Simon aperçoit son frère Guy tomber de son cheval qui à été tué et s’est affaler sur lui. Voulant se portait alors à son secours, s’est à ce moment là qu’une énorme pierre lancée à partir d’un mangonneau positionner sur les remparts, et actionner par des femmes Toulousaines, vient lui fracasser la tête, lui faisant éclater le cerveau et expulser les yeux de leurs orbites. Le grand Simon de Montfort vacille puis s’effondre de son cheval tuer sur le coup.

Amaury VI de Montfort, son fils aîné, prend immédiatement la direction des opérations, mais le moral des troupes croisées chute, et le contingent du Comte de Soissons quitte le siège sa quarantaine achevée. Il tente un dernier assaut, le 1er juillet 1219. À contre cœur et sur le conseil de son oncle Guy et de ses barons, il lève le siège de la ville le 25 juillet.

L’échec de ce siège confirme l’arrêt de l’expansion des Montfort en Occitanie, déjà mis au jour avec le siège de Beaucaire. En dehors de l’intervention du prince Louis VIII en 1219, lors du génocide de Marmande, Amaury de Montfort ne va cesser de perdre du terrain, avant de céder tous ses droits sur le Languedoc au prince, devenu roi de France entre temps. Mais ces victoires pour les Comtes Occitans, ne feront que retarder l’annexion de l’Occitanie : les vicomtés de Béziers, d’Albi et de Carcassonne sont rattachées au domaine royal dès 1226, au cours de la croisade du roi Louis VIII le Lion, et le comté de Toulouse entre dans l’apanage du prince capétien Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX dis : saint Louis et gendre de Raymond VII à la mort de celui-ci en 1249, avant d’être rattaché à la Couronne en 1271.

                                                 

 Sceau de Raymond VI,                                                     Sceau de Raymond VII,

Comte de Toulouse,

et de St-Gilles

Marquis de Gothie et

de Provence,

Duc de Narbonne

carte des possesions des Comtes de Toulouse
                                                                                                                                                                     27/10/1156 - 02/08/1222                                                     ??/07/1197 - 27/09/1249

 


Sceau de Simon IV de Montfort

Comte de Montfort, Comte de Leicester,

Vicomte de Béziers et de Carcassonne,

Comte de Toulouse, 

11?? - 25/06/1218 

Voici la quatrième épopée de la croisade contre les Albigeois ou les cathares. Mais l’histoire vas encore continuer, ainsi que les massacres aussi.

 

Donc à suivre…

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