Mémoire Cathare (1ère partie)

Publié le par Prince Occitan



En cette année 2009, plusieurs villes occitanes vont commémorer les 800 ans de la croisade contre les Albigeois; croisade commanditée au nom de Dieu par l’Eglise Romaine en terre chrétienne et perpétrée par les Français qui y commirent des crimes de guerre et crimes contre l’humanité.


     Innocent III 

 

 


                                                             Philippe Auguste

 


                                        Raymond VI


Cette tragédie commença par un courrier adressé au roi de France Philippe II (dit Philippe Auguste) par le pape Innocent III lui demandant de mener une croisade sur les terres de Raymond VI, Comte de Toulouse afin d'enrailler l’hérésie Cathare.

Philippe Auguste refusa la demande du pape sous prétexte qu’il n’avait pas à recevoir d’ordres de sa part en ce qui concerne ses vassaux.

En effet, Raymond VI de St Gilles, Comte de Toulouse et de Melgueil, Duc de Narbonne, Marquis de Gothie et de Provence, était vassal du roi de France pour le Toulousain, mais il était aussi le vassal du Roi d’Angleterre pour ses terres du Quercy et de l’Agenaisainsi que le vassal du roi d’Aragon pour la Provence qui dépendait également du St empire germanique. Inutile de dire que tout ceci lui permettait évidemment de jouir d’une très grande indépendance sur ses terres.

Innocent III envoya donc en terre occitane le médiateur Pierre de Castelnau rejoindre Raymond VI pour le ramener dans le girond de l’Eglise. Malheureusement celui-ci ne pu s’entendre avec Raymond VI et rentra sur Rome afin de rendre compte de l’échec de sa mission au pape.

Arrivant au bord du Rhône, en attendant la barge qui lui permettrait de traverser, un soit-disant messager de Raymond VI s’annonça à lui. Mais à peine fut-il à portée, que de sa lance le messager le transperça.

A la vue des événements qui suivirent, on peut supposer que l’assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau serait plutôt à imputer à d’autres personnes qui avaient bien plus intérêt à un tel acte qu’à Raymond VI de Toulouse.

Évidemment ce crime déclencha la colère du pape qui adressa de nouveau une missive au roi de France, lui intimant de ne pas laisser un tel acte impuni dans ses Etats.

Cette fois encore, le roi refusa d’intervenir mais accorda tout de même à ses barons la possibilité de le faire en leur nom.

Ceux-ci ne s’en privèrent pas, le pape ayant pris pour cibles toutes les terres où l’hérésie cathare était répertoriée.

A la vue d’une telle offre, c'est une bonne partie de la chevalerie Française qui se précipita aussitôt car non seulement les Vicomtés de Carcassonne et d’Albi étaient offerts, mais également le Comté de Toulouse...et vue la superficie que représentaient ces deux états, les envieux ne manquaient pas en France.

A la mi 1209, les croisés se rassemblèrent à Lyon et commencèrent à marcher vers le Sud.

En juin, Raymond VI de Toulouse, voyant le danger se rapprocher, comprit où se trouvait son intérêt et fît acte de contrition à Valence, promettant de lutter lui aussi contre l'hérésie. Ainsi son excommunication fut levée par le pape et il se joint aux croisés.

Évidemment, par cet acte Raymond VI protégeait ses terres, ce qui ne ravit pas tout le monde. Il faut dire que bon nombre de petits seigneurs de France comptaient bien s’octroyer une part du gâteau.

Quand les croisés arrivèrent à Montpellier, ville appartenant au roi d’Aragon, Raymond-Roger Trencavel, Vicomte de Carcassonne et d’Albi, tentait à son tour de suivre les pas de son oncle Raymond VI de Toulouse.

Mais les chevaliers Français, voyant partir toutes ces richesses qu’ils étaient venus s’octroyer, s’empressèrent de conseiller aux légats du pape de refuser de le recevoir, sous prétexte que sa soumission ressemblait plus à un subterfuge qu’à une véritable ralliation.

C’est ainsi que le jeune Vicomte du faire front à cette croisade tout seul.



Pierre II d’Aragon

 

 

                                                          


                                                    Raymond-Roger Trencavel

 

 


                                           Simon de Montfort


 

Les croisés marchèrent alors sur Béziers qu'ils mirent à sac en juillet 1209, massacrant hommes, femmes et enfants jusque dans les églises. Il est murmuré que ce jour là le légat du pape Arnaud Amaury aurait dit : Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens !

Et ils ne s’en privèrent pas, commettant ainsi leur premier génocide en terre occitane.

Raymond-Roger Trencavel s'étant replié dans sa cité de Carcassonne, le 1er août les croisés entamèrent le siège.

En tant que vassal du roi d'Aragon, Raymond-Roger s'attendait à ce que Pierre II vienne le secourir, mais ce dernier, étant lui aussi vassal direct du pape préféra la voie diplomatique et joua le médiateur. Les négociations échouèrent et le roi repartit en ses terres.

L'eau venant à manquer dans la cité, cela provoqua sa reddition le 15 août. Ce fut Raymond-Roger Trencavel qui prit en charge les négociations. Ce qui se passa sous la tente du légat du pape Arnaud Amaury est toujours soumis à spéculation : fut-il arrêté pendant les pourparlers ou se constitua-t'il comme otage en échange de la vie des habitants de sa cité ?

Toujours est-il qu'il se retrouva emprisonné dans une de ses propres basses-fosses et les habitants de Carcassonne furent chassés de la ville sans pouvoir prendre de quoi assurer leur subsistance.

Le légat Arnaud Amaury fut fort désappointé de ne pouvoir faire brûler quelques-uns de ces hérétiques dont la ville regorgeait. Mais les seigneurs français, pour une fois, respectèrent leur parole et tous les habitants eurent la vie sauve.

Il est surtout très aisé de comprendre le pourquoi de la chose. En effet quant une cité était prise, les vainqueurs se partageaient le butin. Or déjà qu’ils avaient raté celui de Béziers par la faute des ribauds, ils ne voulaient pas rater celui de Carcassonne qui était bien plus important à leurs yeux que de faire brûler quelques hérétiques.

Quelques mois plus tard, Raymond-Roger Trencavel mourait au fond de son cachot, d'une dysenterie.

Simon de Montfort, qui avait participé à la croisade et pris possession des terres de Trencavel, fut accusé de l'avoir fait assassiner. Ce qui est très fort possible considérant la mentalité du personnage.


Voilà, la première partie de la croisade contre les cathares s'achève.

Car l’Histoire ne s’arrête pas là.

Simon de Montfort commit encore bon nombre de crimes avec l’aval de l’Eglise Romaine.


Donc à suivre…

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mhcasj 24/04/2012 06:56

Qu'entendez-vous par "ralliation" à la fin de la partie sur Innocent III? ... ne serait-ce pas plutôt "ralliement" ?

(Mais les chevaliers Français, voyant partir toutes ces richesses qu’ils étaient venus s’octroyer, s’empressèrent de conseiller aux légats du pape de refuser de le recevoir, sous prétexte que sa
soumission ressemblait plus à un subterfuge qu’à une véritable ralliation).

Marina 12/09/2009 21:28

Voila un commentaire sa va t'aider j'espère!

Lili Royale 27/05/2009 18:54

Ca c'est de l'article!!! Je l'ai trouvé passionnant et je suis vraiment très fière de toi. J'attends la suite avec impatience!

Joe 27/05/2009 11:29

C'est si joliment raconter que l'on pourrai en lire encore pendant des heures, on pense à ces milliers de personnes massacrées juste pour le pouvoir , mon dieu que la bétise humaine est immense.