La pollution lumineuse en 3 articles

Publié le par Prince Occitan




Cette photo prise la nuit donne la pleine mesure de la pollution lumineuse

visible depuis le Pic perché à 2 877 m d'altitude. Photo DR


Pollution lumineuse : réserve d'étoiles au Pic du Midi



DIAPORAMA - Du Pic du Midi on voit le phare de Biarritz, les villes de Tarbes et Lourdes, mais aussi Toulouse, le halo lumineux de Barcelone, jusqu'aux contreforts urbanisés des Alpes... Une pollution lumineuse qui finirait pour nous faire confondre l'étoile du Berger avec le premier néon venu. Exagéré ? Sans doute car le Pic emblématique reste malgré tout un lieu encore préservé. À ce titre, il ambitionne plus que jamais le titre de « réserve étoilée », une récompense que seul un endroit au monde, celui du Mont Megantic au Québec, peut à ce jour revendiquer. En n'oubliant pas que la constitution de telles réserves est aussi un des objectifs du Grenelle de l'Environnement

Le 11 juin, la course au label sera officiellement lancée du haut du Pic du Midi par l'astrophysicien Hubert Reeves, connu aussi pour son engagement écologique. Une association baptisée Pyrène (pour Pic du midi Réserve nuits Etoilées) est chargée de gérer ce projet dont le parrain devrait être justement Hubert Reeves.

Nous l'observons tous en ville : l'éclairage urbain a fini par nous priver du spectacle de la voûte céleste. Sans doute nous en rendrons-nous compte samedi soir à travers l'opération Ciel en fête qui, tant à Toulouse que dans son agglomération, verra des centaines de télescopes braqués vers les astres.

Pour l'heure, le spectacle qui nous est offert n'est pas très engageant. Les bons vieux planétariums nous donnent la pleine mesure de la vision du ciel que nous avons progressivement perdue.

Les astronomes sont les premiers gênés par ce halo céleste. Ils ne peuvent observer les étoiles que quand la Lune est absente pour avoir un ciel le plus noir possible.

Quand le Pic du Midi a été construit à 2 877 m d'altitude, la voûte était vierge. L'enjeu aujourd'hui est de tenter de stopper la progression de lumière accumulée autour du Pic depuis vingt ans. Et cet objectif passe par un effort soutenu des collectivités, à commencer par celles situées à proximité, Bagnères-de-Bigorre ou La Mongie. Ce matin, au Pic, une conférence de presse fera justement la « lumière » sur ce projet qui doit durer plusieurs années et qui représente un argument de plus dans la démarche environnementale et touristique de toute une région et au-delà.



Le marathon de la « Cité » de l'Espace

Ce soir à Toulouse et aux quatre coins de l'agglomération, sont organisées diverses animations dans le cadre de l'opération « Ciel en fête ». La Cité de l'Espace a ouvert pour quatre jours (« Cent heures ») un véritable village qui réunira des expos, des spectacles, des conférences ainsi que des stands.

L'occasion de découvrir le nouveau spectacle de planétarium consacré aux différentes facettes de la Lune. Les principales associations astronomiques (Observatoire de Sabarat, association des Pléiades avec la découverte de météorites...) se retrouvent ensemble sous chapiteau.

Ce grand rendez-vous, placé, bien sûr, sous le signe de l'Année mondiale de l'astronomie, a lieu jusqu'au 5 avril.

Samedi soir, à la tombée de la nuit, les télescopes plantés place du Capitole à Toulouse, regarderont le ciel ; tandis que l'éclairage sera éteint pour préserver au maximum le ciel contre la pollution lumineuse.

À la librairie Castella toute proche, les astrophysiciens Sylvie Vauclair et Hubert Reeves dédicaceront leur dernier ouvrage collectif « Hubert Reeves et ses amis ».






L'astrophysicien toulousain Sébastien Vauclair croit à son projet.

« Un véritable enjeu »

Sébastien Vauclair est astrophysicien à Toulouse. Avec l'astronome François Colas et l'ingénieur Michel Bonavitacola d'Airbus, il veut créer au Pic une réserve de ciel étoilé avec le soutien de l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANPCN). L'année internationale de l'Astronomie est une date idéale pour un tel pari.

L'obtention du label « Réserve étoilée » représente un véritable enjeu sur la durée ?

Un seul site au monde a pu obtenir ce label, celui de Megantic au Québec. Le titre de Réserve internationale de ciel étoilé est attribué par l'International Dark-Sky Association (IDA). Une telle réserve est un espace de grande dimension où le ciel est d'une qualité exceptionnelle, faisant ainsi l'objet d'une protection à des fins scientifiques, éducatives, culturelles ou dans un but de préservation de la nature.

Quels critères sont retenus ?

L'IDA effectue un certain nombre de mesures prouvant qu'il y a une réelle diminution des flux lumineux dans un cercle concentrique autour du Pic. À l'intérieur de cette zone, les communes concernées doivent s'engager à réduire la pollution lumineuse. Elles doivent donc apprendre à gérer différemment leurs sources de lumière. Les élus se voient fixer une sorte de cahier des charges avec des objectifs précis.

Pourquoi avoir choisi le Pic du Midi ? Il existe tout de même d'autres sites en Europe ?

N'oublions pas que nous sommes dans un endroit où existe une grande diversité de la flore et de la faune, celles qui, ailleurs, souffrent justement de perturbations liées à cette pollution lumineuse. Le Pic du midi est un lieu préservé où l'observation est facilitée par la pureté du ciel. Et puis, c'est un site emblématique, un symbole très fort pour l'ensemble de la population, pour les scientifiques, mais aussi pour les politiques. Si nous réussissons notre pari, ce sera effectivement la seule réserve de ce genre en Europe. Mais il peut y avoir d'autres sites par la suite.


Articles publiés dans « la dépêche du midi » le 02/04/2009







Mon dernier mot

 

Si nous ne faisons rien, d'ici peu, il ne nous sera plus possible d'admirer à loisir les étoiles ou la voie lactée.

Chacun de nous doit réagir !

Par exemple, n'installez pas trop de lampadaires dans vos jardins ou alors, dirigez-les vers le sol de manière à ne pas générer un trop grand halo de lumière nuisible.

Ainsi pourrez vous continuer d'admirer l'étoile du berger (la planète Vénus) avec vos enfants, mais aussi les planètes Mars et Jupiter (qui sont quasiment visibles à l'œil nu à certaines époques de l'année). 

 

 


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Commenter cet article

kitoune 11/06/2009 00:32

C'est vrai que j'ai observé le ciel du coté de Kourou et c'est différent de chez nous en Aquitaine !